Tout sur : Actus du monde
Joël Ronez, responsable du pôle Web d’Arte France, a lancé aujourd’hui, le 22 février, la plateforme Arte WebDocs, dédiées aux « webdocumentaires ». France 5 a investit 400 000 euros dans la série « Portraits d’un nouveau monde », qui sera mis en ligne à partir d’aujourd’hui, et jusqu’à décembre 2010. La Croix a fait un article très intéressant que je vous invite à lire : Arte lance un site dédié aux « webdocumentaires » ainsi que l’interview du producteur d’une des séries diffusées sur le site : Serge Gordey : « Havana/Miami mise sur l’ouverture des horizons cubains ».
La Chine a fait beaucoup de mal dans les vingt dernières années aux employés européens/occidentaux peu qualifiés (et notamment dans les pays riches occidentaux), car les faibles prix pratiqués dans l’industrie chinoises ont permis à beaucoup d’entreprises de délocaliser leur production là-bas. On a tous entendu ces derniers mois, ou plus largement dans les dernières années, des employés français peu qualifiés qui perdaient leur emplois car celui-ci étaient délocalisés en Chine.
La période semble être propice aux « illimités », puisque les annonces de nouveaux forfaits s’enchaînent. Après Virgin et Coriolis, c’est au tour de l’opérateur Prixtel d’annoncer un forfait sans limitation de temps.
Or, comme c’est toujours trop beau pour être vrai, nous l’avons vu : les nouveaux forfaits « tout illimité » de Virgin Mobile et Coriolis Telecom, ne sont pas si illimités que ça. En effet, en plus des restrictions « classiques » (99 correspondants différents par mois avec une limitation de deux à trois heures maximum par appel) de ce que nos chers opérateurs appellent la « téléphonie illimitée », Coriolis a limité son illimité à seulement 20h de communications par mois contre 40h pour Virgin.
Malgré tous les obstacles rencontrés par le projet de loi Hadopi, dont le dernier est la censure du Conseil Constitutionnel, le gouvernement persiste en annonçant qu’il mettra en place l’Hadopi. Celle-ci conformément à l’avis du Conseil Constitutionnel ne disposera plus du pouvoir de sanctionner les internautes mais seulement de celui de les avertir. Sans honte Albanel veut retourner devant le Parlement afin de donner au juge le pouvoir de sanctionner l’internaute. Ça rappelle les demandes formulées par les opposants au texte. (Lire la suite…)
HADOPI censurée par le Conseil Constitutionnel
Ça y est le verdict est tombé ce mercredi 10 juin : le Conseil constitutionnel censure la partie sanction de la loi Hadopi – riposte graduée- sur les téléchargements illégaux. Le Conseil Constitutionnel a donc rejeté très très violemment la loi Hadopi. Non pas sur la forme, mais bien sur le fond, rendant des avis plutôt sévères bien que mérités.
Pour rappel, le 19 mai dernier les députés socialistes ont déposé un recours contre la loi Hadopi devant le Conseil Constitutionnel, suite à l’adoption de cette loi le 13 mai. Celle-ci prévoyait de sanctionner le téléchargement illégal en suspendant la connexion Internet, après trois mises en garde (deux mails et une lettre recommandée). C’est la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet (Hadopi), qui fixait la sanction prise à l’encontre de l’internaute-pirate.
Le Conseil a profité de l’occasion pour rappeler qu’en droit français, c’est la présomption d’innocence qui prime, selon l’article 9 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Par ce rappel, le rôle de la Haute Autorité (Hadopi) est ramené à celui d’un simple avertisseur et non d’une autorité capable de sanction : « Le rôle de la Haute autorité (Hadopi) est d’avertir le « téléchargeur » qu’il a été repéré, mais pas de le sanctionner ».
Les sages ont aussi estimé que les pouvoirs d’Hadopi étaient contraires à l’article 11 de cette même Déclaration sur la liberté de communication et d’expression. Internet est une « composante de la liberté d’expression et de consommation » par conséquent : le rôle de la Haute Autorité (Hadopi) est ramené à celui d’un simple avertisseur et non d’une autorité capable de sanction : « Le rôle de la Haute autorité (Hadopi) est d’avertir le « téléchargeur » qu’il a été repéré, mais pas de le sanctionner ». Pour le Conseil Constitutionnel, « c’est à la justice de prononcer une sanction lorsqu’il est établi qu’il y a des téléchargements illégaux ». Avec cet avis il se pourrait bien que nous glissions vers une loi plus proche de ce qui est mis en place au Royaume Uni. Cela serait peut être un pas de plus vers une intégration européenne cohérente.
La réaction chez les opposants au texte ne s’est pas faite attendre. Dans le Monde.fr Patrick Bloche (député PS de Paris) a déclaré : « J’exulte. Cette décision correspond exactement à notre position qui est de dire qu’Internet est un droit fondamental« .
Mais ne nous réjouissons pas trop vite et attendons de voir la publication du recours. On pourra alors juger de l’étendue de la censure. C’est en fonction de celle-ci que le gouvernement va choisir de poursuivre dans la même voie en remaniant les éléments du textes qui posent problème ou bien qu’il va choisir de renoncer.
MAJ : L’avis du Conseil vient de paraître, vous pouvez le retrouver en bas de ce billet.
Le Conseil a censuré partiellement les articles 5 et 11 de la loi, qui instituaient concrètement la commission de protection des droits, celle qui devait envoyer les mails d’avertissement aux internautes et imposer les coupures d’accès, soit le cœur de la « riposte graduée ».
En clair le Conseil Constitutionnel a globalement « censuré, aux articles 5 et 11 de la loi déférée, toutes les dispositions relatives au pouvoir de sanction de la commission de protection des droits de l’Hadopi». Cela lui retire toute autorité de sanction des internautes au profit d’un rôle d’avertissement.
C’est dur à vivre un échec, non ?
Malgré le revers subi par la ministre de la Culture, Christine Albanel a rapidement réagi à la décision du Conseil Constitutionnel en publiant un communiqué. Dans celui-ci elle déclare « regretter de ne pouvoir, comme le gouvernement et le parlement l’avaient souhaité, aller jusqu’au bout de la logique de « dépénalisation » du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes – y compris le prononcé de la sanction – du processus ».
Décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009 Conseil Constitutionnel
Le document original est ici.
Virgin Mobile lance un forfait illimité 24/24 (89,90 et 109,90 euros) à partir du 17 juin
A partir du 17 juin et jusqu’au 31 juillet, Virgin Mobile vous proposera une nouvelle offre appelée » Paradyse tout illimité ». A l’instar de Topissime, l’offre illimité de Coriolis Telecom, il s’agit d’une série limitée de forfait, d’où la date butoir du 31 juillet.
Cependant l’offre de Virgin Mobile, qui lui aussi est un opérateur mobile virtuel (MVNO) est un peu plus chère que celle de Coriolis. En effet selon l’engagement choisi, votre facture s’élèvera soit à 89,90€ soit à 109,90€. Les offres proposées seront dans tous les cas valables 24h/24 et 7j/7 vers tous les opérateurs. Par défaut le forfait comprendra certaines options considérées aujourd’hui comme essentielles, à savoir la facturation à la seconde, le report des minutes, la présentation du numéro et le double appel.
Pour pouvoir lancer une telle offre, Virgin dit avoir revu avec Orange les tarifs que ce dernier lui accorde. Aujourd’hui Virgin Mobile n’est plus lié par une clause d’exclusivité à Orange. Et d’après Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile, ces négociations ont été longues, mais nécessaires, car les nouveaux tarifs vont leur permettre de se relancer sur le marché de la téléphonie au moyen d’offres très agressives.
Les arguments publicitaires, que Virgin Mobile va développer pour promouvoir « Paradyse tout illimité » sont les suivants :
- Fini les forfaits avec des contraintes d’horaire pour la voix ou les SMS ;
- Fini les forfaits avec des numéros illimités uniquement sur le même opérateur et/ou que le soir et le week-end ;
- Fini les forfaits avec de l’internet illimité mais pas ouvert à toutes les applications ;
- Fini les forfaits avec des contraintes d’âge ;
- Fini les forfaits avec des coûts cachés.
Alors Virgin Mobile va-t’il « bousculer le marché de la téléphonie » et forcer nos bon vieux opérateurs à diminuer leurs marges ? Et comme jamais deux sans trois, va-t’on voir une nouvelle offre émerger dans le courant du mois de juin ?
La queue de l’AF 447 Rio-Paris repéchée
La queue de l’avion d’Air France qui s’est abimé en mer lors de son vol entre Rio de janeiro et Paris, l’AF 447, a été repéchée, comme en témoignent les photos ci-dessous :
D’autres morceaux de l’Airbus A 330 ont également été repêchés, comme on peut le voir ci-dessous :
Comme moi, vous avez certainement écouté ce matin la radio (ou regardé les informations à la télé), et comme moi, vous avez sûrement entendu parler du clash entre François Bayrou, président du MoDeM, et Daniel Cohn-Bendit, candidat Europe-Écologie pour les européennes.
Que s’est-il passé ?
En fait, François Bayrou s’en est pris à Daniel Cohn-Bendit, hier soir, lors de l’enregistrement de l’émission « A vous de juger », diffusée sur France 2. Il s’agissait d’un débat entre huit représentants politiques, avec pour sujet, bien évidemment, les élections européennes de dimanche prochain.
Au début, c’est François Bayrou qui a commencé, en reprochant à nouveau à Cohn-Bendit d’avoir avec le pouvoir « des relations amicales, sympathiques, formidables », ajoutant qu’il téléphonait souvent à Nicolas Sarkozy. Réponse de Daniel Cohn-Bendit : « je trouve ça ignoble de ta part, parce que tu sais exactement ce qui se passe quand on est président de groupe ». « Et ce genre de jeu, devant les citoyens, eh bien mon pote, je te dis, jamais tu seras président de la République, parce que t’es trop minable. »
Puis, et c’est là l’objet de toute la polémique, Bayrou a évoqué un sujet que Daniel Cohn-Bendit a bien compris.
Voilà d’abord l’extrait vidéo de l’émission :
De quoi s’agissait-il ?
Un petit tour sur Wikipédia nous donne la réponse :
En 2001, une polémique a lieu a propos de son livre Le Grand Bazar (Belfond, 1975 (ISBN 2714430104)), où il racontait ses activités d’aide-éducateur au jardin d’enfants autogéré de Francfort. Il déclare à ce propos : « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?” Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi ».
Ces passages ont été assimilés, 25 ans plus tard, comme un acte de pédophilie. Cohn-Bendit se défend, expliquant que le texte était une provocation, n’avait pas fait scandale à l’époque et qu’aucune plainte d’enfant ou de parent n’avait été déposée. « Prétendre que j’étais pédophile est une insanité. La pédophilie est un crime. L’abus sexuel est quelque chose contre lequel il faut se battre. Il n’y a eu de ma part aucun acte de pédophilie. ». Il rajoute sur RTL, ce texte qui n’avait pas fait scandale à l’époque est aujourd’hui insoutenable. Des parents de ces « crèches alternatives » ont d’ailleurs apporté leur soutien au leader écologiste : « Nous savons qu’il n’a jamais porté atteinte à nos enfants », écrivent-ils. Les enfants eux-mêmes rejettent dans cette lettre « toute tentative de rapprochement entre Daniel Cohn-Bendit et des personnes coupables d’abus sexuels sur enfants ».
Malgré le soutien des parents et des enfants de la crèche, ainsi que le retrait du texte par Daniel Cohn Bendit, des accusations mensongères de pédophilie sont régulièrement relayés par la mouvance d’extrême droite. Marine Le Pen a ainsi accusé Daniel Cohn Bendit de pédophilie sur le plateau de France Europe Express en 2005. Cette accusation a été également évoquée au cours de la campagne pour les élections européennes de 2009 par François Bayrou qui lui adresse le reproche suivant lors d’un débat télévisé sur France 2 dans l’émission À vous de juger le 4 juin 2009 trois jours avant le scrutin : « Je trouve ignoble d’avoir poussé et justifié des actes à l’égard des enfants que je ne peux pas accepter. » Ces propos de François Bayrou ont suscité une vive indignation à droite comme à gauche, Xavier Bertrand ressentant du dégoût en entendant les propos de François Bayrou, Benoit Hamon critiquant François Bayrou comme cette race d’hommes politiques qui sont prêts à tout pour essayer de gratter une petite place sur l’échiquier.
Un article dont la lecture laisse un goût assez amer.
Sous un prétexte démocratique, pourquoi ne pas instaurer une situation de concurrence déloyale ? Hein ? Pourquoi pas ?! C’est l’idée qu’a eu Libération, via une taxe sur les FAI – et donc répercutée sur les abonnements àinternet, ce qui équivaut à un impôt supplémentaire pour les particuliers, destiné exclusivement à mettre sous perfusion la presse en ligne- (et qui est détayé plus bas).
Pour être honnête, une telle décision me semble réellement bizarre de la part d’un journal comme Libération (dont j’apprécie assez les articles de leur site Ecrans.fr), surtout qu’il existe quelques sites tels que Bakchich.info et Rue89 dont la ligne éditoriale me semblait proche de celle de Libération (et j’ai eu le tord de croire que Libération aurait, de fait, une certaine amitié pour ses concurrents directs, une sorte de fair play, mais en fait non). Bref : que la presse en ligne, plus exactement la presse « plus-ou-moins-papier » ait une aide de plus, un impôt obligatoire, de surcroît, je trouve cela bien évidemment aussi injuste qu’injustifié. Je pense que les journalistes n’ont pas besoins de telles aides, tant on peut trouver des articles de qualité et de fond sur les blogs français, dont la rédaction n’a nullement été sponsorisée (si vous n’en êtes pas convaincu, demandez-moi des exemples concrêt dans les commentaires, je me ferai le plaisir de vous aiguiller vers des blogs de très grande qualité). Ainsi : si les particuliers font aussi bien, sinon mieux que les journalistes qui reçoivent des aides de l’état, alors à quoi peuvent bien servir de telles aides ? A payer la recopie de dépêches AFP ? A payer les articles faussement objectifs, mais vraiment orientés ?
Non, je suis d’avis que la démocratie va d’abord avec la liberté d’expression, offerte par internet dans sa globalité (et concrêtement par les blogs/webzines, plus ou moins professionnels – cf les PurePlayers). Par contre, je ne vois pas (mais alors vraiment pas) dans quelle mesure les journalistes (qui ne sont pas issus d’un service public, cas pour lequel il y a des différences de moyens notamment) devraient recevoir des aides financières de l’état.
D’ailleurs, à la réflexion, je me demande également comment l’état peut décemment vraiment accepter de leur donner de telles aides, vu que le boulot d’un journaliste est de décrypter l’information (de l’état notamment), et souvent d’y apporter une critique (objective, sait-on jamais). Bref : je ne vois pas en quoi l’état payerait ceux qui le jugent, surtout si c’est pour mal le juger (les responsables politiques se plaignent trop souvent du traitement que leurs réservent les journalistes, si c’est pour ensuite leur accorder ensuite des aides : il y a quelque chose d’antinomique là dessous).
Vous aurez compris le fond de ma pensée. Mais l’article de Numérama est bien mieux écrit :

A l’heure où la presse écrite traditionnelle peine à trouver un modèle économique pour faire vivre ses rédactions, le journal Libération a présenté aux grands quotidiens nationaux un projet de licence commune, par laquelle une taxe payée par les internautes aux FAI serait répartie entre les sites d’information, selon leur trafic.
C’est le magazine Challenges qui a révélé l’information. Le journal Libération, propriété d’Edouard de Rothschild, veut rassember les éditeurs de presse et de sites Internet pour répartir entre eux une taxe prélevée sur le chiffre d’affaires des fournisseurs d’accès à Internet. L’idée serait d’ « ajouter aux factures de leurs abonnés au Web une somme forfaitaire de quelques euros : le coût de l’information gratuite« .
« Il s’agit de rectifier les flux d’argent actuels au profit des rédactions, qui sont les auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie« , a expliqué au magazine le directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin. Il faudrait alors répartir la somme ainsi prélevée en fonction de la fréquentation du site et de la taille des rédactions. Ce qui risque de favoriser les plus gros, dans ce qui deviendra rapidement un cercle vicieux.
Interrogée par l’AFP, la co-gérante de Libération Nathalie Collin a confirmé les informations de Challenges. Elle a même présenté le projet au Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) le 2 juin dernier. Celui-ci rassemble les plus grands journaux quotidiens français : Le Monde, le Figaro, Libération, L’Equipe, France Soir, La Croix, Les Echos, L’Humanité, Le Journal du Dimanche, La Tribune…
Si taxe il y avait, elle serait ainsi trustée par les gros groupes de presse, qui n’arrivent pas à adapter leur modèle économique et leurs paquebots à l’ère du numérique et des petits navires. « Il y a un intérêt commun des internautes, des éditeurs de presse, mais je pense aussi des fournisseurs d’accès à ce qu’on arrive à trouver un financement » pour les sites informations « qui s’appuient sur des rédactions papiers qui elles même s’appuient sur un vecteur qui perd du chiffre d’affaires d’année en année« , a ainsi estimé Mme Collin.
Le fruit de cette éventuelle taxe n’irait donc pas aux sites Internet qui n’ont pas historiquement de support papier. Ca ne serait pas la première fois que les « pure players » de la presse en ligne seraient ainsi mis de côté. Nous avons déjà eu l’occasion, sur Numerama, de dénoncer le fonctionnement du fonds d’aide à la modernisation de la presse quotidienne, distribué sous la tutelle de Matignon et du ministère de la Culture, qui donne aux poids lourds de la presse écrite un avantage concurrentiel pour s’installer sur Internet, où les nouveaux acteurs de la presse n’ont bénéficié d’aucune aide.
Bien que ce fonds soit en principe réservé aux sites qui font de l’ « information politique et générale », il a permis à certains journaux (dont Libération) de monter des sites Internet qui n’ont rien à voir avec l’information politique et générale. S’ils bénéficiaient en plus d’une taxe sur les FAI, à l’instar de France Television et des producteurs de cinéma, la distorsion de concurrence serait encore plus écrasante pour les sites Internet qui ne bénéficient pas de ces aides.
Enfin, sur le fond. A l’heure où des débats de société très importants se nouent sur le filtrage, la neutralité du net, la dangerosité ou non des ondes de téléphonie mobile, l’absence de concurrence entre les opérateurs, le Paquet Télécom…. quelle serait l’indépendance des journaux qui seraient amenés à mordre la main de ceux qui, même indirectement, les nourissent ?
Si la répartition se fait en fonction du trafic généré par chaque quotidien, la tentation ne sera-t-elle pas trop grande (elle l’est déjà) de mettre l’accent sur les articles qui font le plus d’audience, qui sont les plus racoleurs, plutôt que sur les articles pointus, de fond, qui font avancer le débat dans la société mais auprès d’un lectorat plus réduit ?
Et puis surtout, la véritable question : quelle preuve a été faite que les rédactions de la presse écrite traditionnelle sont « les auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie » ?
Faut-il être culotté et imbu de sa profession pour oser écrire que les blogs, les internautes, la société civile dans son ensemble, à l’heure où tous ses membres sont connectés et peuvent communiquer ensemble, ne sont pas les premiers auxiliaires du bon fonctionnement de la démocratie. C’est particulièrement culotté lorsque la presse écrite, depuis trop longtemps, comme le dit Guy Bedos, donne l’impression d’avoir été formée « à l’école hôtelière ». Elle se contente le plus souvent de passer les plats aux femmes et hommes politiques qu’ils invitent, ici pour une interview, là pour une tribune, là pour un bon mot, et de zapper d’un sujet à l’autre sans jamais s’attarder sur les problématiques qui doivent faire débat.
L’avenir de la presse écrite n’est pas une question de modèle économique, c’est une question d’ambition, de talent, et d’honnêteté.

Bien sûr, le crash en mer de l’Airbus A330 d’Air France (le Vol AF 447 Rio-Paris) est une tragédie. Je ne me vois pas trop commenter ou rapporter une quelconque souffrance, ce n’est ni le lieu, ni le moment.
Cela dit, ce que je trouve intéressant d’analyser, ce sont les conséquences d’un tel drame, et notamment de la couverture médiatique de cet événement. A n’en pas douter, la perception du public sur un certains nombre de sujets liés à ce crash vont évoluer, et donc entrainer d’autres regrettables conséquences (même si moins graves). Et comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, certains vont profiter de ce drame, volontairement ou non.
Sur l’aviation
Ce drame va certainement toucher l’intégralité de l’aviation civile, et donc rappeler à tout un chacun que, même si prendre un avion est statistiquement moins risqué que de prendre une voiture, le risque n’en reste pas nul. Surtout que là, la météo est clairement montrée du doigt comme étant le facteur le plus crédible ayant entrainé l’accident. Or, chaque avion y est soumis, ce qui met tout le secteur aérien à la même enseigne.
L’esprit du grand public sera porté sur Air France, qui va certainement être une des compagnies les plus touchées par cette peur renouvelée de prendre l’avion. Les autres moyens de transport vont être les grands gagnants de cette perte pour l’aviation : le train, les cars et les bateaux vont probablement constater une augmentation de leur trafic. Il est probable que les autres compagnies aériennes soient également touchées, mais dans une moindre mesure. La crise aidant, les compagnies qui étaient au bord du gouffre, risquent finalement d’y tomber, et donc de mettre la clef sur la porte, ce qui ferait des victimes supplémentaires à mettre sur le compte de ce crash en mer. Cela dit, n’oublions pas que Air France était considéré (et est toujours) comme l’une des compagnies aériennes les plus sûres de la planète : cette contre-médiatisation soudaine de la compagnie risque de profiter à d’autres, qui, pendant ce temps, peuvent cacher relativement leur différence de qualité.
Sur le tourisme
Le tourisme risque lui aussi d’en prendre un sacré coup : il est très probable que les touristes souhaitant aller à Rio de Janeiro, ou passer par l’aéroport de cette ville, vont tenter de modifier les termes de leur voyage. Le public qui regarde et écoute les infos aura compris que le vrai problème est la zone atlantique entre le Brésil et le Sénégal, où le mauvais temps est fréquent, et donc le risque aussi.
Ainsi, le tourisme de l’Europe vers le Brésil risque de diminuer, et j’irai jusqu’à dire que le tourisme via l’Atlantique aussi : en extrapolant, j’imagine que la seule information que beaucoup retiendrons sera « un avion s’est crashé dans l’Atlantique », et donc, penseront que l’Atlantique est une zone dangereuse. Ainsi, on peut imaginer une diminution des clients pour les voyages Europe-Amérique et Amérique-Europe. Si il y a un report des achats sur d’autres destinations, il est possible que d’autres destinations, telles que l’Afrique, l’Asie ou l’Europe du Nord bénéficient légèrement de ce report. Dans un autre sens, les touristes Brésiliens auront eux aussi peut-être quelques appréhensions à aller vers l’Europe, et donc reporterons leurs voyages vers le reste des Amériques, ou encore vers l’Asie.
L’économie globale
Quoi que l’on dise, le crash du vol AF 447 est tellement soudain, et le fait qu’il n’y ait pas (a priori) de responsable humain (la nature étant la cause principale), il n’est pas possible de reporter une quelconque haine sur un coupable physiquement représentable. Bref : chacun reconnait la détresse occasionnée. Personne, devant la nature, ne peut se sentir à l’abri : et c’est là que cet événement touche le moral de chacun d’entre nous. Cette baisse de moral va certainement se retrouver dans l’économie : les gens seront moins volontaires (au moins pendant une courte durée), moins entreprenants.
Je ne vois pas ici de personnes qui pourraient profiter de cette occasion. A part… ceux qui fondent leur business sur la peur, et la peine : ce crash me rappelle le 11 septembre, où surtout la façon dont l’administration Bush avait surfé sur cette vague de peur. Bien sûr, ici il n’est pas question de terrorisme, mais je suis sûr que certains n’hésiterons pas à utiliser ce malheur. Seront-ils plus heureux ? Espérons que pour une fois, le malheur des uns ne fasse pas que le bonheur de certains autres.
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