Les blogueurs vont devenir des agences de conseil et de formation

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Je me pose souvent la question de l’avenir des blogueurs et du fait que la veille sur le net prend beaucoup de temps, qu’elle nécessite pas mal d’énergie (et de stress), toutefois sans être souvent bien rémunérée. Attention, je parlerai ici principalement des blogueurs High-Tech.

On parle beaucoup (exclusivement ?) de la publicité comme mode de rémunération, mais force est de constater que Google Adsense ne paye pas bien, même si c’est la régie qui paye le mieux. Deux solution alors : adopter un système de publicité sans intermédiaire, c’est à dire contacter des entreprises potentiellement intéressées par l’affichage d’annonces sur son propre blog, ou bien être contacté par elles, et réaliser un partenariat entre ces deux parties, sans intermédiaires. C’est ce que font la plupart des « blogueurs pro », système par lequel ils parviennent à atteindre des taux de rémunération cette fois beaucoup plus corrects.

Mots d'internet

Mais cette solution n’est pas simple, car elle nécessite de déclarer ces revenus (ce qu' »évitent » de faire la majorité des « petits » blogueurs, qui ne gagnent pas de grosses sommes avec Adsense), et également de passer du temps à dialoguer avec des entreprises, ainsi qu’a trouver de nouveaux clients et les convaincre que c’est sur votre site (et pas celui d’à côté) qu’il faut investir pour obtenir le plus haut retour sur investissement et/ou la meilleure visibilité.

Alors, beaucoup me dirons que certaines agences marketing rémunèrent les blogueurs quelquefois grassement pour participer à des opération markéting ou pour créer des articles sponsorisés, mais rien de tout cela ne permet, sur du long terme, de générer un développement solide et serein. En effet : quoi qu’on dise, la publicité est rarement prise comme autre chose qu’une agression, et les lecteurs n’ont pas forcément envie d’être importunés visuellement lors de leur navigation. La publicité (en temps que seule source de revenu) n’est donc ni pérenne à long terme, ni très rémunératrice.

Sans pour autant parler d’une suppression de la publicité sur internet, on voit malgré tout que les investissements dans la publicité sont considérés par les entreprises comme superflus, et sont de ce fait les premiers investissements à être annulés en cas de crise économique, comme actuellement.

Blogueur

D’autres vecteurs de rémunération

Je regarde depuis pas mal de temps ce qui se fait à droite et à gauche, afin d’essayer de voir comment les blogueurs « pro » font pour rémunérer leur activité en ligne. On parle bien ici de blogueurs (d’abord) qui rémunèrent (après) leur activité : pas de gens qui sont par ailleurs employés, et qui prennent sur leur temps libre pour écrire. Non. Là, le but est vraiment de pouvoir vivre de son activité de blogueur, et pas d’arrondir ses fins de mois.

La solution vient peut-être des blogs BD, par exemple. Regardez-les, tous ces talents du dessin, faire au moins deux fois par semaine une nouvelle planche de BD, et la publier (complètement gratuitement). C’est à chaque fois un régal, et ça donne une envie : celle d’aller acheter leur dernier album en librairie.

Ce mode de rémunération est transformable pour les blogueurs, notamment High-Tech : si on prend l’exemple de deux blogueurs connus pour la qualité de ce qu’ils écrivent (et donc la pérennité de leur blog), Eric Dupin de Presse-Citron.net et Frédéric Cavazza de FredCavazza.net, ceux-ci se servent de leur activité en ligne comme d’une mise en avant de ce qu’ils sont capables de faire pour les entreprises : de la formation et du conseil, en plus, souvent, d’un aspect création de sites web (pour les blogueurs High-Tech). Formations et conseils sont deux offres assez nouvelels, mais finalement pas si originales que ça : les blogueurs high-tech (pour prendre cet exemple) suivent chaque jour l’actualité high tech de très près, et sont donc bien placés pour donner un avis en terme de faisabilité, d’opportunité ou de rédéfinition stratégique.

De même, ceux qui s’expriment le mieux et sont capables d’expliquer efficacement pourront proposer aux entreprises de mettre leur temps à profit pour former les employés aux nouvelles technologies du web (par exemple : l’utilisation de Google Documents à la place de Microsoft Office), dans le but d’accompagner un tournant technologique de l’entreprise cliente. C’est ce que font les deux personnes sus-cités.

Je pourrais citer d’autres exemples, notamment en ce qui concerne les blogs de marketing ou de graphisme, où le blog devient une vraie vitrine de ce qu’est capable de faire son auteur. Je pense notamment aux blogs de Serge-Henri Saint-Michel qui écrit sur Marketing-Professionnel.fr et Geoffrey Dorne sur Graphism.fr.

Un blog peut en effet montrer plusieurs choses :

  • une régularité (faire des billets régulièrement) et un sens de l’organisation (ne pas se laisser submerger par la profusion des informations et savoir les sélectionner)
  • des qualités de réflexion (un esprit synthétique, qui peut extrapoler les informations : un beau fond dans les articles/créations)
  • des qualités d’élocution (bien rédiger ses billets, bien expliquer ce que l’on écrit, sans faute d’orthographe : une belle forme)
  • Des autres qualités, notamment pour les graphistes et les blogueurs-BD qui peuvent montrer directement leur style d’écriture pour les scénari (sérieux, humour noir ou autre, par exemple) et également la façon dont ils dessinent/créent, et comment cela influe sur le contenu.

Par ailleurs, ces blogueurs laissent toujours un formulaire de contact, afin que les entreprises intéressées par leurs prestations puissent les contacter, et donc passer d’éventuels contrats avec eux. On retrouve là tout l’intérêt du blog : montrer de quoi on est capable sur un site/blog personnel, lequel peut devenir source indirecte de revenus, si, sur du moyen-long terme, le blogueur sait montrer par sa constance et la qualité de ce qu’il fait, qu’une entreprise pourrait bénéficier de ses services.

Conclusion

C’est donc un changement assez conséquent, mais si je regarde ce qui se passe parmi les blogueurs pros, et revendiquant un contenu de grande qualité, je vois de plus en plus d’offres de compétences pour du conseil et de la formation. Je crois que c’est tout à fait justifié, mais que toutes les entreprises n’ont pas encore le réflexe de passer par ces blogueurs (elles préfèrent se faire facturer des sommes folles par des agences qui n’y connaissent pas grand chose, mais savent très bien faire du vent avec des jolies paillettes).

Pour autant, je crois que, la crise aidant, progressivement les entreprises vont être amenées à externaliser ce genre d’activité, et à réfléchir quant à la qualité du service qui devra être rendu  et le rapport qualité-prix. Or les blogueurs ne sont pas les agences les plus chères (au contraire), grâce au fait qu’ils sont par essence de petites structures, et de surcroît ils prouvent chaque jour au fil de leurs billet qu’ils savent réfléchir et travailler proprement.

Ne reste plus qu’aux habitudes de changer, et chacun sait que c’est potentiellement le plus long…

NB : Bien sûr,  tous les blogueurs pros n’ont pas un contenus de qualité : il existe des blogueurs pros qui n’écrivent pas d’ articles de fond mais sont spécialisés sur des scoops et qui ne vivent que de la pub, et en sont très contents. C’est une autre voie, que je ne critique pas.

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8 commentaires sur ce billet

  1. Très intéressant ce petit billet ! 🙂
    On en a parlé ensemble hier, mais en effet, je pense que le « placement » et la valeur de son travail peut trouver sur le web, une très belle vitrine. Personnellement, en tant que designer graphique, je considère la valeur de mon travail sur les deux axes que tu décris :
    – le rapport humain, la personnalité de l’auteur du blog, ses passions, la façon dont il a de s’exprimer, sa régularité, etc.
    – son travail, ses capacités, ses réalisations.

    Cela facilite énormément le rapport entre commanditaire et designer et permet aussi de « rassurer » le commanditaire sur les compétences, le savoir-faire et le professionnalisme de la personne qu’il contacte.

    Attention toutefois aux leurres qui tente de montrer une vitrine ou un sérieux qu’ils n’ont pas forcément >.<

    à bientôt 😉

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  2. Mviry dit :

    En effet voici un article très intéressant !

    En revanche il me semble que dés qu’on propose des activités de conseil, formation ou autre on n’entre plus tout à fait dans la logique « vivre du blogging ». Le blog prend dans ce cas une dimension « vitrine des activités », chose que je ne critique pas puisque c’est mon cas 😀 (pour le moment).

    J’ai tendance à penser que si l’on veut subvenir à ses besoins en éditant du contenu sur le Web on n’est pas obligé d’envisager autre chose en même temps.

    Quant à la publicité, c’est un sujet qui me turlupine en ce moment, je ne suis pas convaincu qu’elle soit dérangeante lorsque les choses sont faites dans l’intérêt de tout un chacun. Le problème principal avec la pub c’est qu’en France nous n’avons pas en voir cette culture web, du coup les possibilités sont rares.

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  3. Louis dit :

    Je suis assez d’accord avec vous deux. Cela dit, pour répondre à Maxime, le problème de la pub, c’est aussi que dans les ordre de prix actuels, les gains générés sont trop faibles pour le temps que l’on passe à générer du contenu…

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  4. mnttech dit :

    Et en plus, les gens sont de plus en plus habituer à voir de la pub sur le net.
    Le taux de clic va fatalement finir par baisser car plus le public est averti et moins il est un cliqueur fou. En tout cas c’est ce que je constate autour de moi.

    Et mis à part des presse-citron ou des lemeur peut arrive vraiement à vivre uniquement de ça.

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  5. Louis dit :

    @mnttech : Oui, je pense aussi que la publicité sur le net va très probablement baisser. D’autres modèles de publicités sont donc à développer (billets sponsorisés ?).

    Pour le reste, presse-citron gagne la majorité de son chiffre d’affaire grâce à des activités de conseil, et Le Meur grâce à son entreprise : Seesmic.

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  6. Merci pour le compliment sur Marketing-Professionnel, « vraie vitrine de ce qu’est capable de faire son auteur », c’est vraiment gentil 🙂
    Félicitations pour cet article fouillé, perso, anguleux comme je les apprécie.

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  7. Bonjour,

    Et merci de cet article ! Mais les blogueurs pro ne sont-ils par par essence des consultants ?

    Cordialement.

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