Le Télétravail est-il l’eldorado de demain ?

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Travailler sur le net, un eldorado, un paradis, ou un boulot comme un autre, avec ses avantages et ses inconvénients ?

Je suis de ceux qui haïssent les transports parisiens, et qui rêvent d’une vie où l’on ne perdrait pas en moyenne deux heures et demi par jour (c’est mon cas) en temps de transport entre son boulot et chez soi. Notez que cela a des répercutions sur d’autres thèmes : si vous mettez beaucoup de temps pour aller au travail, vous voudrez vous en rapprocher… Et comme souvent, le lieu de travail est situé dans une grande agglomération, s’en approcher signifie des prix de loyer comme des prix de vente de bien immobilier qui grimpent en flèche.

Working At Home

Pour être honnête, je rêve d’habiter à l’Ile de la Réunion (et oui, tant qu’à faire !), dans une petite ville (village ?) appelé « La Montagne » (ici sur Google Maps), qui donne vue sur la mer, à savoir l’Océan Indien. Pourquoi là-bas ? Parce que en été (qui correspond à l’hiver en France Métropolitaine), le jour se lève vers les 5 heures du matin, et il fait bon, calme, bref : c’est reposant. Dès lors, amener son portable sur une terrasse pour y travailler, plonger dans la piscine quand on en a envie, bref : travailler dans ces conditions est un idéal que je me promet d’atteindre. Un jour (viendra…).

Sauf que : ce genre d’endroit est reculé par rapport aux énormes agglomérations (j’entends par là : Paris, Lyon etc.), qui sont autant de lieux de conclusions de contrats, de rencontres avec de potentiels clients, et donc nécessite un moyen de s’y rattacher. Même virtuellement. Je propose donc Internet.

Ainsi donc, on en revient au même : travailler à distance, c’est bien (si tant est qu’on sait s’organiser, mais bon, je crois qu’il faut savoir ce que l’on veut), mais nécessite un accès à internet correct. Et une adaptation de l’entreprise à ce nouveau mode de travail.

Je constate d’ailleurs que de plus en plus de grosses entreprises permettent à leurs employés de rester chez eux un nombre limités de jours par semaines, leur donnant souvent le moyen de se connecter au réseau de l’entreprise (un VPN suffit), et utilisant cette spécificité comme un avantage supplémentaire (en « nature »). D’après ce que je peux en voir, c’est très bien apprécié par les employés, et cela ne heurte pas la productivité (bien sûr, il faut que les employés jouent le jeu !). L’entreprise y trouve son compte, l’employé aussi. Seule l’entreprise de transport est déficitaire, dans l’affaire 🙂

Je note au passage, à l’attention des personnes politiques, que le temps passé dans les transports, le soir, est autant de temps qui ne peut être passé dans des magasins. J’entends par là que moins de temps dans les transports = plus de temps au centre commercial = davantage de consommation. Mais bon : j’dis ça, j’dis rien…

Pour continuer dans cette voie, avec un exemple concret, je prendrais l’exemple de la société Wikio, dont les employés sont dispersés en Europe, et travaillent tous en télétravail. La société organise une ou plusieurs fois par an des meetings (si mes renseignements sont bons, elle les fait à la Tour Montparnasse), afin de réaliser les tâches qui ne doivent pas pourvoir l’être à distance. Or, il ne me semble pas que Wikio soit un gouffre à investisseur, et au contraire, je crois pouvoir dire sans me tromper que l’entreprise est en croissance. Tout ça pour dire que le télétravail, surtout dans l’informatique, est possible et peut tout à fait être avantageux.

J’attire donc l’attention sur le fait qu’aujourd’hui, la technologie Internet nous permet de nous passer d’énormément de déplacements aussi inutiles que couteux. Des solutions de travail collaboratif existent (le web en regorge, en fait), tout comme des solutions de communication vidéo-phonique (prenez Skype par exemple). Un scanner suffit pour transformer un document papier en fichier informatique, et la Poste est toujours existante pour envoyer les documents qui doivent rester au format papier. Il n’y a donc plus que la relation client qui nécessite une présence physique, ainsi que les métiers « physiques » de production (un mécanicien automobile ne peut travailler de chez lui : il doit avoir un outillage à sa portée). Ainsi, même si tous les métiers ne sont pas transformables en télé-métiers, imaginez la quantité d’employés qui pourraient rester chez eux pour travailler !

Je re-note au passage que d’éviter 2h30 de transports surpeuplés par jour augmente très rapidement le moral… et donc influe sur le moral des ménage : facteur important de l’économie nationale.

Au delà d’un gain de temps de transport, c’est également un gain écologique majeur, mais aussi de productivité : on travaille toujours mieux quand on est dans une ambiance familière (combien d’employés personnalisent leur bureau, par exemple avec des photos de leurs enfants ?), et qu’on se sent bien où l’on est. Si le télétravail ne règle pas tout, il pourrait malgré tout être un bel enjeux de société. La crise est justement une aubaine pour tenter de repenser les modes de travail, non ?

Je pense également au gain de place (location des locaux moindre) pour l’employeur, impliquant une augmentation nécessaire de la taille du logement pour l’employé (qui aura besoin d’un vrai bureau, ce qu’il n’a pas forcément aujourd’hui). L’employeur est donc directement intéressé dans le télétravail !

Ma réflexion toute personnelle se finit là, mais je me permet de relayer quelques slides d’une présentation sur le télétravail, avec notamment l’emploi du temps d’une journée type pour Amélie, employée en télétravail.

Journée d'Amélie 1

Journée d'Amélie 2

Le paradoxe du télétravail

La salle de Réunion

Les freins

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7 commentaires sur ce billet

  1. Un avis intéressant, et certainement un vrai avenir pour le travail. Seulement il faut aussi prendre en compte que certaines personnes (c’est mon cas… ^^) ont du mal à travail à domicile. Les raisons sont diverses, dans mon cas c’est surtout le manque de cadre, le manque d’un chef ou de collègues à proximité avec qui discuter du projet.

    Bien sur, on peut régler ça en étant sur MSN ou autre, mais je crois que la présence humaine de gens autour de moi, qui travaillent avec moi, m’est nécessaire pour travailler correctement.

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  2. Louis dit :

    Oui, bien sûr, il y a toujours des gens qui préfèrent aller au boulot pour profiter de l’ambiance studieuse. Pour autant : si simplement 1/3 des employés restaient chez eux, ça se vérrait déjà nettement sur le trafic routier et transports en commun, sans pour autant endommager vraiment la productivité…

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  3. Effectivement, ça serait une bonne chose pour la circulation dans nos villes, et donc indirectement pour le moral des autres employés. Comme toi, je n’y vois que des bons côtés !

    Et puis, en regardant la politique actuelle du gouvernement, on peut dire qu’on se dirige dans cette voie, non ?

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  4. Louis dit :

    Ah ? Là je dois avouer que je n’ai pas entendu de propositions allant dans ce sens (mais ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas !).

    Au delà de ça, je crois que même si le gouvernement favorise le travail à domicile (ce qui serait une bonne chose), reste aux patrons et aux divers étapes de la hiérarchie d’admettre que cela n’impacte pas négativement la productivité…

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  5. philippe78 dit :

    Bravo Louis pour cet article !
    Je suis entièrement de votre avis, le télétravail n’est effectivement pas applicable à toutes les professions, mais imaginons les gains si seulement la moitié des personnes pouvant travailler en télétravail le faisaient (ne serait-ce que 3 jours par semaine, les 2 autres jours en normal pour garder le lien social avec ses collègues).

    La circulation en région parisienne ressemblerait toute l’année à celle du mois d’aout (avouez pour ceux qui travaillent en ce moment que c’est bien agréable d’éviter les bouchons !) avec l’impact écologique (moins de pollution) et économique (moins de frais de déplacement).

    Vous prêchez un convaincu !

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