A propos du contrôle de l’accès à Internet dans les lieux publics

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Je me fend d’une lettre ouverte à Christine Albanel, actuelle Ministre de la Culture. Pourquoi ? Suite aux propos que j’ai entendu sur France Info :

Faut-il filtrer l’accès à Internet dans les lieux publics ? C’est l’idée du ministre de la Culture Christine Albanel. Celle-ci suggère que les points d’accès Wifi gratuits situés dans les bibliothèques, les mairies, les écoles, les hôpitaux et peut-être même dans des endroits privés comme les Mac Donald’s puissent être verrouillés pour ne donner accès qu’à une sélection de sites Web soigneusement triés sur le volet. Il s’agit bien entendu d’éviter que l’on puisse télécharger illégalement des films ou se connecter à un site pédophile dans un lieu public. […] Quels sites seraient autorisés à figurer dans cette « liste blanche » ? Sur quels critères seraient-ils choisis ? Et surtout par qui ? Selon un document de travail dévoilé par le site PCinpact, la tâche délicate de sélectionner les sites Web « autorisés » pourrait être confiée à des organismes comme la CNIL, le CSA, le Forum des Droits sur l’Internet ou encore la future Hadopi – la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet – qui sera prochainement créée par la loi du même nom. On peut se demander comment seraient traités les sites communautaires tels que Youtube ou Facebook ? […]

Ma réponse :

D’abord et avant tout, je ne tiens pas ici à être insultant, ni méprisant. D’aucune sorte. Là n’est pas la question.

Commençons par la raison de cette « idée » : filtrer l’accès à internet dans les lieux public, pour éviter toute pratique répréhensible. A priori, pas de quoi s’émouvoir : c’est le rôle de l’état que de s’assurer que la connexion qu’il met à disposition, de surcroit gratuitement, n’est pas utilisée à des fins frauduleuses.

Par contre, il est clair que le téléchargement peer-to-peer (P2P), celui qu’il faut parait-il bannir, même s’il n’est qu’un protocole, et non pas une pratique répréhensible en soit — comme celle de tenir dans ses mains un révolver chargé : cela n’a rien de répréhensible, mais dans certains cas l’utilisation qui en est faite peut être illégale –, le téléchargement P2P disais-je, peut être facilement rendu inutilisable via ces réseaux. Pour rentrer dans les détails : la navigation sur internet utilise les protocoles HTTP et HTTPS, alors que le protocole P2P en est un autre. Or il est techniquement simple de ne laisser disponible que les protocoles HTTP et HTTPS sur une connexion (en l’occurrence, l’accès à Internet dans un lieu public). Voilà donc trouvée la solution au problème du téléchargement illégal.

Ne reste plus que celui des sites à caractères pédophiles (ou homophobes, antisémites, racistes, etc.). Je peux comprendre que le gouvernement tienne à bloquer l’accès à de tels sites. Admettons. Dans ce cas là, il est relativement simple de bloquer l’accès à de tels sites, simplement via un système de liste noire (un blocage a posteriori et non a priori donc), pour laquelle chaque site répertorié ne serait pas accessible via ce point d’accès public. Bref : ce problème est lui aussi facile (techniquement) à régler.

Maintenant, venons-en au cœur du problème : celui de l’accès simplement à une sélection de sites, soigneusement triés sur le volet. Je crois que c’est tout bonnement idiot, et je m’explique. Je prend l’exemple de l’étudiant qui fait des recherches : il utilise Wikipédia (site dont j’espère qu’il serait validé par la commission en question), mais comme ne contient pas tout (notamment au niveau des illustrations), l’étudiant est constamment obligé d’aller chercher un peu partout sur le web pour trouver des informations complémentaires à ses recherches. Ce qui serait impossible si la sélection de sites était restreinte.
Je ne prends volontairement pas l’exemple de la personne qui veut regarder des vidéos via cette connexion publique : les temps de téléchargement sont souvent tellement lents que c’est mission impossible. En d’autres mots, pas la peine de bloquer Youtube ou Dailymotion sur la connexion publique : il n’est déjà pas réellement possible d’y regarder des vidéos.

Enfin, et pour en finir avec les exemples, je crois que l’intérêt majeur de ces connexions publiques, c’est qu’elles offrent aux citoyens –le temps d’une pause dans un lieu public– un internet certes lent, mais équivalent à ce qu’ils auraient chez eux. Or, si ceux-ci respectent déjà la loi (ils ne vont pas sur des sites web à caractère répréhensible, et ne téléchargent pas de façon illégale sur des réseaux P2P), ils sont censés ne pas voir de différence notable avec leur connexion personnelle. C’est la raison pour laquelle les deux solutions techniques que j’ai expliqué plus haut sont les seules à priori nécessaires.

Je suis resté poli dans mon billet, j’en attend de même dans les commentaires.

[Photo]

2 commentaires sur ce billet

  1. Lea dit :

    Une façon de protester à été proposée par la quadrature du net : Le « black-out » du Net français. Il s’agit de peindre nos sites, blogs, profils, courriers, commentaires ou avatars de la couleur noire du « black-out », au besoin en utilisant les images qu’ils ont mis à disposition http://www.laquadrature.net/fr/HADOPI-blackout-images-bandeaux-boutons-bannieres.

    Je pense que cela pourrait t’intéresser ^^

    En espérant que tu rejoindra les blogs « black-outés » bientôt ^^

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  2. Louis dit :

    Salut Léa !

    Oui, j’ai vu ça, et je comptais faire un truc à ce propos. Sauf que (et le rythme des billets est là pour le prouver) j’ai pris beaucoup de retard ces derniers temps, mais je vais essayer d’y remédier ce week-end.

    RépondreRépondre

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