Corey Smith applique l’économie de l’open-source à la musique, et ça marche

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Sous ce titre se cache l’histoire d’un ancien prof qui a tout plaqué pour débuter une carrière musicale… fantastique. Pour preuve : il a gagné en une année 4,2 millions de dollars grâce à ses talents musicaux. Son histoire est racontée par Korben ici.

Pourquoi mon titre parle-t-il d’open-source ?

Pour une raison simple. Avant de donner mon avis sur Corey Smith, je vais parler du business de l’open-source.

Comment fonctionne le business de l’open-source, puisque le logiciel en lui-même est gratuit ? Comment les éditeurs de tels logiciels, qui pourtant ont des frais de développement, font-ils pour être bénéficiaires ? Tout simplement avec le support. En effet : ces entreprises considèrent qu’elles ont plus à gagner (pas forcément en terme financier) à donner leur logiciel totalement gratuitement, mais en louant leur support. C’est à dire que si une entreprise veut installer le logiciel d’un éditeur, elle a de grande chance de choisir en priorité cet éditeur comment prestataire de tous les services d’adaptation du logiciel, ou bien d’installation/optimisation/paramétrage de ce logiciel pour les besoins de l’entreprise. De surcroit, en libérant le code du logiciel, une entreprise permet à qui est intéressé d’améliorer lui-même le code, ce qui permet d’accroître la puissance de développement avec des passionnés bénévoles qui amélioreront d’eux même le code source. Fantastique, non ?

Cela dit, une multitude d’autres vecteurs de rémunération existent. Canonical, la société mère d’Ubuntu (distribution Linux la plus connue), gagne de l’argent entre autre via de la certification de compatibilité. Mais d’autres agissent différemment. Le mode de rémunération via la publicité en ligne peut être envisagé aussi : vous créez, développez puis éditez un logiciel très populaire, que vous permettez aux utilisateur de télécharger via votre site (site officiel du logiciel), sur lequel vous placez des publicités.

Bref : à partir de l’activité engendrée par la diffusion d’un produit gratuit, on génère des revenus.

Revenons à Corey Smith

D’abord, la vidéo d’un de ses concerts, pour bien voir de qui on parle :

Je vous parlais tout à l’heure de Corey Smith. Pour moi, son business model se rapproche de celui del’open-source : il créée de la musique, la « donne » en ligne, et de cette manière créée un véritable engouement autour de son groupe et de sa musique. Engouement qu’il peut monétiser via des concert (dont les places sont vendues peu cher, ce qui favorise leur vente), où ce n’est pas la musique en elle-même qu’il vend (puisque tous ses fans la connaissent par cœur), mais plutôt l’ambiance, le live, en gros, de l’émotion supplémentaire autour de la musique.

En passant, c’est un peu comme quand on vous offre une entrée à Disneyland Paris : vous ne payez pas l’entrée, et donc pas les attractions du parc (dont l’usage est illimité durant votre passage), mais si vous voulez acheter des souvenirs, là c’est payants. Bon ben avec Corey Smith, c’est pareil.

De la musique gratuite à l’open-source

Maintenant que vous avez compris, je l’espère, à quel point finalement, les droits d’auteurs ne sont pas si important que ça, et que la piraterie de musique via téléchargement illégal n’est pas finalement un problème grave, j’espère ne pas vous apprendre que ce mode de rémunération, ce modèle économique est depuis longtemps vanté par les adversaires de loi comme HADOPI. Considérant que de cette manière, l’auteur est toujours bien rétribué pour ses chansons, que l’organisation de concerts et la vente de goodies créé bien plus d’emploi que les seuls employés d’une maison de disque qui gère des milliers d’auteurs, ce modèle n’a plus vraiment d’argument contre lui.

J’ajoute au passage que c’est la même chose au niveau de la vidéo. Je l’ai déjà dit pleins de fois, mais je le répète : le DivX/Xvid (bref, le téléchargement illégal de films via Peer To Peer) agit comme un vecteur de marketing pour les distributeurs de films : si le film est aimé par les téléchargeurs, alors ils finissent par l’acheter en DVD/Blu-Ray. Ils peuvent même payer pour aller le voir au cinéma, étant donné que l’ambiance dans une salle, avec des centaines d’autres spectateurs, n’est pas la même que celle où l’on est seul ou à quelques un : dans une salle de cinéma règne une communion que l’on ne retrouve que là, et les moyens techniques (grand écran, son multi-enceintes) ne font qu’amplifier la singularité de ce lieu. Singularité que l’on paye sans problème si l’on a aimé le film avant.

Dans le cas où les spectateurs (pirates) n’ont pas aimé le film, ils ne font que le regarder. Mais bon, ils ne l’on pas aimé. Sinon, on peut aussi voir le cas où les spectateur n’en sont pas : ils ne téléchargent pas, et finalement ne sont pas au courant des dernières sorties, à part de quelques grosses productions américaines qui peuvent se payer de grosses campagnes marketing.

Pour conclure, j’en reviens à une conclusion que l’on connait tous : le piratage est un outil de marketing gratuit, qui permet aux artistes de mettre en avant leurs œuvres, sans pour autant les priver de leurs recettes, bien au contraire.

Corey Smith l’a compris, et en utilisant la gratuité de ses œuvres comme modèle de base, s’est fait 4,2 millions de dollars en une année. La preuve vivante que les maisons de disque ne sont pas forcément les garantes d’une correcte rémunération des auteurs, et encore moins de la protection de leur patrimoine artistique.

Pour aller plus loin :

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