Pourquoi je suis contre Hadopi/DRM & Co

Date Posté le 20 juin 2008 par Louis

Je vois souvent des gens défendre l’argument selon lequel Hadopi permettrais de mettre en accusation des personnes dont le réseau (Wifi par exemple) aurait vu le piratage de fichiers sur des réseaux P2P. En fait, grand nombre d’arguments disent que si Papi se fait pirater sa connexion Wifi non sécurisée, via laquelle un pirate téléchargerait des chansons illégalement, ce serait Papi qui irait en tôle…

Ou d’autres disant qu’on ne mérite pas la prison si on a juste téléchargé trois divx…

Bref, je m’insurge contre le nombre important de faux arguments qui tournent autour du problème.

Mais quand comprendra-t-on que le téléchargement illégal favorise l’économie de la musique et des films ? Les vendeurs, distributeurs & tous les gens qui ont des intérêts financiers dans la musique et les films devraient comprendre qu’ils se tirent une balle dans le pied.

Pourquoi ?

Regardez. Le téléchargement illégal n’a jamais été aussi répandu, organisé et puissant qu’aujourd’hui. Et pourtant, le nombre de DVD, de places de concerts vendus n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui. Preuve que finalement, le téléchargement « illégal » n’est qu’un faux problème. Il permet en fait aux utilisateur de découvrir de nouveaux films puis, s’ils les aiment vraiment, de les acheter (alors qu’ils n’auraient pas été les voir au cinéma sinon, et donc n’auraient jamais eu l’idée de les acheter !). Le téléchargement illégal permet également aux utilisateurs de découvrir énormément de groupes de musique, de trouver ceux qu’ils aiment vraiment. Et par la suite d’acheter des places de concerts (donc les bénéfices arrivent dans les poches des ayant droits, ne l’oublions pas).

Bref : le téléchargement illégal P2P n’est autre qu’une grande vitrine publicitaire 2.0 qui permet de faire correspondre bien mieux qu’avant l’offre musicale/cinématographique à la demande spécifique de chacun.

Après, les histoires de DRM, de VOD limitée dans le temps (4€ les 48 heures, si je me souviens bien : c’est ce qu’on appelle une blague pas drôle), ne sont que des pansements inventés par les privilégiés pour s’accrocher bec et ongle à leurs anciens revenus.

Edit du 27 juin : J’ai réagit à l’article de Eric Dupin sur son blog Presse-Citron.net. Voici ce que j’ai pus proférer :

  • Je crois qu’aujourd’hui le modèle économique de la musique et des films a changé (le support CD est mort, les majors aussi), ce qui implique que le téléchargement (massif ou non) ne devient finalement qu’une “pub” pour la musique. Ben oui, parce que quand on aime vraiment, on achète toujours. Un CD, un DVD, ou une place de concert. Donc le téléchargement massif ne va pas à l’encontre du marché, et je pense qu’il le favorise même. Exemple : Untel a téléchargé 100 albums. il les écoute tous. Une fois. mais pour celui qu’il écoute tout le temps parce qu’il l’aime vraiment, il fini par acheter une place de concert du même artiste. hé oui. Pareil pour les DVD.
  • Finalement, le téléchargement massif fait mieux connaître les artistes, permet de mieux choisir qui on apprécie vraiment, de mieux cerner sa consommation artistique. Mais pas de la stopper ni de la diminuer. Bien au contraire : les ventes de DVD on explosées depuis que le téléchargement de DivX existe.
  • “Si la musique était moins chère on en achèterait davantage” : Cet argument n’est pas complètement faux. On peut déjà se questionner quant à la différence entre le nombre de vente de CD par artiste aux USA (ou le prix moyen d’un CD est la moitié de ce qu’il est ici) et en France.
  • “avec le téléchargement je découvre des artistes et j’achète après” : VRAI ! Notamment pour les films. Rien ne vaut un DVD Collector, avec la boite en fer (ou le coffret volumineux) comparé à un DivX qui n’est jamais parfait. Bref : quand on aime vraiment un film, on ne peux résister de l’acheter en DVD (et pour mon cas, de le RACHETER en Blu-Ray : hé oui, le consommateur n’hésite pas à dépenser de l’argent quand le contenu lui plaît vraiment). De surcroît, je comprend que les consommateurs ne veuillent pas acheter un Disque entier (environ 20€) quand seulement un titre leur plaît (environ 1€). Hein ? Qui achèterais 20 pommes si seulement une seule est mangeable et que toutes les autres sont complètement pourries ? Ben c’est pareil. Ça explique d’ailleurs l’essor de la musique à la demande sur internet et l’achat à l’unité de morceaux. Mais les DRM restent un frein (mais c’est un autre sujet).
  • “la musique doit être vivante, les artistes gagneront leur vie avec les concerts” : C’est clair. Mais j’en ai déjà parlé au dessus.


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7 commentaires. Et vous ?


  1. SakacocoNo Gravatar :

    J’approuve totalement tes dires,

    C’est complètement du foutage de gueule ce projet de loi, on voit bien qu’Albanel et consort savent même pas envoyer un mail et ne comprennent rien au monde Internet :/

    Sur ce, bonne continuation, viens faire un tour sur mon blog ça me ferait plaisir ;)

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  2. LouisNo Gravatar :

    Nan mais c’est clair. Et puis au delà de ça, c’est énervant de voir que toutes ces lois (celles qui tournent autour du téléchargement, de la musique et de la sécurité sur internet) sont faites par des gens qui n’y connaissent à l’évidence pas grand chose, qui ne savent pas de quoi ils parlent, et qui ne voient de surcroît pas plus loin que le bout de leur nez.

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  3. GérardNo Gravatar :

    >>le nombre de DVD, de places de concerts vendus n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui.<<
    Ce qui serait bien, c’est que tu nous donne tes sources.
    En effet, les éditeurs eux affirment que la vente de CD et DVD n’a de cesse de s’effondrer depuis des mois.
    Et ils argumentent leurs dires avec des chiffres à priori irréfutable.
    Donc, il serait bien, pour que nous puissions argumenter efficacement contre cette loi, que tu nous fournisse les éléments qui t’on permis de faire cette affirmation.

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  4. LouisNo Gravatar :

    Salut Gérard !

    Pendant que je cherche mes chiffres, je te prendrais simplement comme exemple la taille des linéaires dans les magasins qui vendent des DVD (ou les sites internet) : elle s’accroît de jour en jour (entre les séries, les DVD, les parties humoristes). Même les libraires vendent des DVD (cf La Griffe Noire par exemple). Au niveau des sites internet, tu peux constater toi même que, la partie qui y est dédiée sur le site Cdiscount, s’agrandit de jour en jour.

    Bref : si la taille des linéaires augmente partout, c’est peut-être que la demande augmente elle aussi… et les vente avec.

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