Les librairies numériques se mettent en place. Qui ira le plus loin : Apple, Amazon ou Google ?

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Un article dans le Wall Street Journal détaille comment Google, Apple, Amazon et les autres tentent de passer des accords avec toutes les plus grandes maisons d’édition et de publication. Chacun veut préparer l’arrivée de leurs kiosques à journaux virtuels. Les maisons d’édition ont parfaitement pris conscience du rôle qu’elles pouvaient jouer dans le développement de ce type de produits. Cette prise de conscience s’est d’ailleurs faite à l’occasion de la sortie de l’iPad, et au développement ensuite des tablettes. Reste maintenant à savoir sous quels termes et conditions ce nouveau système se mettra en place, car bien entendu chacun voudrait que cela se fasse selon ses propres conditions. Le problème c’est que les maisons d’édition sont encore sur des modèles anciens, aujourd’hui dépassés.

Voici une petite synthèse de l’article du WSJ, agrémentée de réflexions et commentaires personnels.

Apple prévoit de diffuser plus de données concernant le téléchargement des applications de l’Apple Store. Ces nouvelles informations pourront être utilisées par les publicitaires pour mieux cibler leurs annonces. Selon des personnes assez bien placées chez Apple, la firme de Cuppertino demanderait bientôt (notez bien le conditionnel ici) aux utilisateurs iPad qui souscriraient un abonnement à un magazine, la permission de diffuser aux maisons d’édition son nom et son adresse mail.

Beaucoup de maisons d’édition restent sceptiques vis-à-vis de ce procédé, car ils pensent que très peu de personnes vont accepter de partager ces informations et que cela risque de renforcer la méfiance des consommateurs envers les maisons d’édition et de publication.

Et ils ont bien raison d’être exigeant sur ce point car, quel est le consommateur qui acceptera de se faire démarcher en permanence, juste parce qu’il s’est abonné à un journal en ligne ? A part quelques exceptions, personne ne souhaite cela. C’est pourtant comme ça que ça marche. Le modèle économique des abonnements fonctionne ainsi en diffusant les informations personnelles des abonnés à des tiers. La différence avec ce qu’Apple propose, c’est que les utilisateurs en seraient maintenant informés. Cette transparence change tout et remet en cause les modèles anciens des maisons d’édition et de publication.

Comme Apple ne semble pas vouloir transposer ce vieux modèle sur les tablettes, les annonceurs se tournent vers Google et font marcher la concurrence. D’après les bruits de couloir,

il se dit que Google aurait proposé aux annonceurs de ne prendre qu’une toute petite commission sur toutes les ventes concluent depuis un OS Android. On est loin des 30% que se prend Apple sur les ventes depuis iTunes. Google aurait aussi proposé de diffuser aux annonceurs quelques informations personnelles à propos des utilisateurs de l’Android Market, afin d’aider les annonceurs dans leurs campagnes.

On ne sait pas encore si Google fera comme Apple, à savoir jouer la transparence, ou s’ils opteront pour une automatisation de la diffusion.

Apple de son côté est apparemment en train de finaliser des nouvelles fonctionnalités d’iTunes. Celles-ci permettraient entre autres aux maisons d’édition et de publication de pouvoir proposer un service simple d’abonnement à du contenu.

Bon après il faut aussi prendre en compte le fait que les chiffres de l’abonnement numérique ne sont pas fameux. Après avoir fait des débuts fracassant, les abonnements numériques semblent s’essouffler. Il faut dire que le prix plus les temps de chargements ne facilitent pas la tâche. Pour avoir le Times chaque semaine, il vous faudra débourser $4,99 à chaque fois. Les services d’abonnements sont parfois compliqué et difficiles à cerner.

En fait pour que ces kiosques à journaux virtuels fonctionnent et plaisent, il faut qu’ils soient de vrais « kiosques à journaux ». Ils doivent être une plateforme qui centralise les titres et où vous pouvez acheter n’importe quel titre d’un simple clic. L’idée c’est de faire comme sur iTunes, sauf que les annonceurs se refusent à vouloir concéder 30% de leurs revenus à Apple. Et puis ils veulent dans le même temps les données personnelles de l’utilisateur, car cela lui permet d’améliorer ses chances de succès pour les campagnes futures.

Bref voilà où en est la situation depuis quelques mois. Faire marcher la concurrence en allant frapper à la porte du rival d’Apple, pouvait être l’opportunité qui ferait bouger les lignes. Sauf qu’à l’heure d’aujourd’hui, Android ne dispose pas d’une tablette capable de concurrencer (en termes d’appareils vendus) sérieusement l’iPad. Et en ce qui concerne Amazon, sa tablette est en noir et blanc, ce qui limite les utilisations pour les magazines couleurs. Il semblerait donc qu’Apple ait toujours la main, que ce soit encore à eux de mener la danse. Il est à ce propos certain que la sortie de l’iPad 2 s’accompagnera de la sortie d’un kiosque, que les annonceurs soient du voyage ou non. Les plus malins seront du voyage car ils auront compris qu’ils perdraient plus que 30% par achat s’ils ne prenaient pas le virage technologique des tablettes.

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