John Sculley, l’ancien PDG d’Apple, débauché par Steve Jobs de chez Pepsi, parle pour la première fois de Steve Jobs.

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En 1983, Steve Jobs débauche John Sculley de chez Pepsi en employant cet argument resté célèbre : « Souhaitez-vous passer le reste de votre vie à vendre de l’eau sucrée ou bien avoir une chance de changer le monde ? ». John Sculley a donc choisi la seconde option, puisqu’il a codirigé Apple avec Steve Jobs pendant 10 ans. A eux deux, ils ont toujours tenté d’être à la pointe de tout : ils ont mêlé les dernières technologies pour faire les meilleurs produits, et ils ont toujours été avant-gardistes en matière de communication. Cependant Sculley est principalement connu pour être l’homme à l’origine de la démission de Jobs en 1993. Aujourd’hui et pour la première fois, Sculley vient parler en public de Steve Jobs et de ces secrets de réussite. « Il y a tellement de choses en matière de développement produit et marketing que j’ai appris de Steve. C’est impressionnant de voir à quel point il a su rester le même, et conserver ses principes aux cours des ans.» Il ajoute aussi : «  Je ne vois pas de changement de principes chez Steve, sauf qu’il s’améliore de jour en jour. »

Steve Jobs à gauche, John Sculley à droite

Leander Khaney de CultOfMac a rencontré Sculley dans un hall d’hôtel près de l’aéroport d’Oakland. Sculley y avait eu des rendez-vous avec des fonds d’investissement, et attendait son vol retour pour la côte Est.

Il était tout d’abord assez récalcitrant à l’idée de parler de Steve Jobs, qui à été à la fois son protégé et son mentor. « Je n’ai pas vraiment de contact avec Steve. Il m’en veut toujours de l’avoir poussé à la porte d’Apple, il y a 22 ans. De mon côté, je ne lui en veux pas. Mon expérience avec Apple est de l’histoire ancienne, j’ai bougé depuis et je suis passé à autre chose. Je n’ai aucun intérêt à chercher à me faire de la publicité ».

Leander l’a donc persuadé qu’il étais un grand fan de Jobs, qui n’avait aucun intérêt à remuer les mauvais souvenirs, mais qui voulais simplement savoir ceci : comment il fait ?

Au cours de l’entretien, Sculley a dévoilé les 11 principes fondamentaux de Steve Jobs. Ces commandements sont d’après Sculley la méthode de Jobs pour développer des produits révolutionnaires.

1. Un beau design – “Nous croyons tous les deux en la puissance du design. Et Steve pense d’ailleurs que le design doit s’inspirer de l’expérience des utilisateurs. Nous avions l’habitude d’observer les designers italiens, et en particulier les designers de voitures. Nous avons vraiment étudié le design des voitures italiennes, leurs finitions et les mariages de couleurs. A ce moment-là nous étions les seuls à faire ça de toute la Silicon Valley. C’était une des choses les plus insensée, c’était très loin des préoccupations des entreprises de de la Silicon Valley des années 80. Une fois de plus je dois souligner qu’il ne s’agissait pas de mon idée. J’y ai participé en raison de mon intérêt et de mon expérience passée dans le monde du design, mais cela restait l’idée de Steve. Ce que beaucoup de gens n’ont pas compris, c’était qu’Apple ne se résumait pas à simplement concevoir et produire des ordinateurs, son but c’était et c’est toujours de concevoir des designs et des produits innovant.”

2. L’expérience de l’utilisateur : « Il s’est toujours demandé ce que l’utilisateur allait ressentir et expérimenter. Il s’est donc toujours mis à la place de l’utilisateur que ça soit pour ce qui est de la conception des interfaces graphiques des logiciels d’Apple comme pour le marketing et la conception des magasins. Bref il essaie d’un bout à l’autre de la chaîne de conception-production-distribution de se mettre à la place d’un consommateur.”

3. No focus groups — “Steve disait « Comment je peux demander à quelqu’un ce qu’est un ordinateur avec une interface graphique quand je sais qu’ils n’en auront aucune idée ? Personne n’en a vu auparavant » il croyait que montrer aux gens un calculateur par exemple ne donnerait aux gens aucune indication de la direction suivie par l’ordinateur. Le fossé est trop important.”

4. Être perfectionniste : « C’était aussi une personne qui croyait à la précision et au soin de l’ensemble des détails. Il était méthodique, minutieux et attentif à tout. Un perfectionniste jusqu’au bout des doigts.”

5. Vision – “Il croyait que les ordinateurs allaient devenir des objets de consommation. Or c’était dans le début des années 80 une idée des plus saugrenues. Beaucoup de personnes pensaient alors que les ordinateurs ne seraient que des versions plus petites des gros ordinateurs/calculateurs. C’est du moins de cette façon qu’IMB l’a compris. D’autres pensaient que ça deviendrait une sorte de console de jeux. Mais Steve avait une toute autre idée : il pensait que les ordinateurs allaient changer le monde et qu’ils deviendraient ce qu’il appelle « la bicyclette de l’esprit ». Pour lui les ordinateurs en devenant personnel allaient permettre de décupler les capacités intellectuelles de chacun. C’était un grand visionnaire.”

6. Le minimalisme – “Ce qui rend la méthode de Steve si particulière, c’est qu’il a toujours cru que les décisions les plus importantes que vous prenez sont le résultat de ce que vous avez décidé de ne pas faire. Il est minimaliste.”

“Il ramène sans cesse les choses à leur plus simple niveau. Il n’est pas démagogique, mais il simplifie les choses. Steve est un concepteur de système, son métier c’est de simplifier ce qui est complexe.”

7. Embaucher les meilleurs – “Steve a cette capacité à trouver le meilleur des meilleurs. Il était extrêmement charismatique et persuasif, ce qui faisait que les gens rejoignaient ses équipes avec enthousiasme et partageaient sa vision. Il arrivait même à faire croire en ses projets avant même qu’un prototype ou un produit existe. Il a toujours recherché les meilleurs et a personnellement procéder au recrutement de son équipes. Il ne l’a jamais délégué à un tiers.”

8. Soigner le détail – “D’un côté il travaille sur les concepts, les idées qui vont changer le monde, et d’un autre côté, il ne cesse de s’impliquer et de suivre la fabrications de ces produits. Il s’investit dans le process depuis la conception des logiciels, du hardware, le design des appareils, mais il s’implique aussi dans les accessoires périphériques. En bout de chaîne, il s’investit toujours dans les campagnes de publicités et le marketing.”

9. Garder une taille humaine – “Une autre chose à laquelle Steve a toujours tenu concerne la taille de son unité de travail. Comme il n’a jamais respecté les grosses organisations, bureaucratiques, qu’il appelait « Bozos ». Steve avait donc une règle simple : ne jamais être plus de 100 personnes. Si une 101 personne devait intégrer l’équipe, une autre devait être sortie. Steve Jobs disait alors : ‘Je ne peux me rappeler que de 100 prénoms, du coup je ne veux autour de moi que des personnes que je connais personnellement. Donc si on dépasse le nombre de 100, il faudra que l’on modifie notre organisation, or je ne peux travailler que dans le type de structure dans laquelle nous sommes. Ma façon de travailler, est de pouvoir toucher à tout.’ Pendant tous le temps que j’ai passé à travailler avec lui, il a toujours fait ainsi.”

10. Refuser le travail médiocre – “Comme dans un atelier, Steve était le maître créateur, qui arpentant ses ateliers observait et jugeait la qualité du travail réalisé par ses employés. Et lorsqu’il s’exprimait c’était souvent pour rejeter le projet. Un ingénieur pouvait montrer à Steve ses dernières avancées dans le code d’un nouveau logiciel, et se le voir retourner avec la remarque suivante : “Ce n’est pas assez bien. “  Il forait tous le temps les gens a se dépasser, et à donner plus qu’ils n’auraient cru possible. Steve pouvait être à la fois charismatique et faire partager son enthousiasme pour ses projets tout en sachant rendre ses équipes fières de leurs réalisations.”

11. La perfection – “ La chose qui différenciait le plus Steve des autres, come Bill Gates, c’est la recherche de la perfection. Bill Gates a toujours recherché la domination du marché, alors que Steve était en quête de la perfection.”

12. Systems thinker – “L’iPod est le parfait exemple de la méthode Steve. Il a observé et analysé les expériences utilisateurs pour ensuite appréhender l’ensemble de la chaîne de production-distribution. Il pensait tout en end-to-end system. Il n’était pas un designer, mais un excellent concepteur de système. ” C’est quelque chose d’assez exceptionnel, car les autres entreprises sont plus tournées vers des aspects très spécifiques de leurs produits et non pas la globalité.

Si vous regardez l’iPod : la chaîne de montage des iPods est aussi sophistiquée que le produit lui-même. C’est une façon totalement différente de penser (Think Different).”

Au final : L’interview de Sculley a conforté Leander dans son opinion. Certains de ces points coïncident avec des choses qu’il a écrite dans son livre sur Steve Jobs : Steve’s Brain. Il a écrit des chapitres entiers sur son perfectionnisme, sa dévotion aux systèmes qu’il conçoit. C’était donc à la fois intéressant et excitant de se voir conforté dans ses théories par un ancien CEO d’Apple.

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Un commentaire sur ce billet

  1. voz dit :

    Et, elles ont bon gout les fesses d’Apple ? 😉

    RépondreRépondre

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