Se faire racheter par Yahoo! devient un cauchemar pour les startups Yelp et Foursquare

[ 3 ] Commentaires
Share

Dans un billet assez court sur TechCrunch, Michael Arrington raconte que Yahoo! fait peur aux startups, qui ne souhaitent pas que le géant les rachète. Elles préfèrent Google (ou Facebook), même si le montant proposé pour le rachat est moindre. Ainsi, il cite l’exemple de Yelp (service de recommandation), qui avait au départ accepté une offre de rachat de la part de Google d’une valeur de 500 millions de dollars. Mais Yahoo! serait arrivé ensuite avec une offre à 750 millions de dollars… que les ingénieurs de Yelp auraient refusé. Le problème, c’est que devant les investisseurs, il est compliqué d’expliquer qu’on refuse l’offre la plus chère… Donc pour Yelp, cette situation inextriquable a abouti à l’arrêt des négociations, que ce soit avec Google ou avec Yahoo.

Une aventure similaire se serait produite avec Foursquare, qui aurait refusé de se faire racheter par Yahoo! pour 100 millions de dollars, en espérant se faire racheter plus tard par Facebook (qui n’avait pas encore fait d’offre apparemment). Là, on peut ne peut pas invoquer l’idée que l’offre de Yahoo! était la plus intéressante, puisqu’elle était la seule. Au final, on peut argumenter que Facebook a sorti Places, qui n’est autre qu’un concurrent de Foursquare, et donc que Facebook n’a plus forcément besoin de racheter Foursquare… Mais il apparait vraiment que certaines startups ne veulent pas se faire racheter par Yahoo!.

Le problème de Yahoo! semble être une réputation qui lui colle à la peau, et qui veut que la firme fasse souvent mourrir les startups qu’elle rachète. Ce n’est pourtant pas le cas exclusivement de Yahoo!, parce que Google n’est pas blanc de ce côté non plus : on se rappelle que les créateurs de Foursquare avaient commencé par créer DodgeBall (une startup qui faisait à peu près la même chose que Foursquare aujorud’hui), DodgeBall qui avait été racheté par Google, mais qui n’en avait pas fait grand chose. Au bout de quelques mois, les gars avaient quitté Google pour recréer DodgeBall (nommé Foursquare désormais), et vu le succès qu’ils ont aujourd’hui, on peut conclure qu’ils ont eu raison.

Si Yahoo! reste un mastodonte, il semble malheureusement malade, sur la pente raide, et les startups qui veulent continuer à prospérer semblent donc ne pas vouloir accepter seulement un gros chèque, en souhaitant également avoir des garanties sur leur développement futur.

Vous serez peut-être intéressé :

3 commentaires sur ce billet

  1. Michel Besson dit :

    L’explication est simple: refuser 750 millions de $ pour en accepter 500 ne prouve pas que le management soit composé d’hurluberlus à peu près dingues.

    La plupart de ce type de transactions sont basées sur un pourcentage versé en cash, et sur un solde qui consiste en un échange d’actions: je vous vends 100% de ma société dont 60%, 70% etc.. par échange d’actions. Le solde est payé en liquide.

    Il sr trouve que nous ne connaissons pas le détail des offres de rachat en question, mais que si je ne me trompe pas, le futur de Yahoo et sa valeur boursière sont moins bien évalués que ceux de Google – quant à Facebook, je me pose encore des questions, n’ayant jamais compris son modèle économique pour autant qu’il en ait un – mais tant qu’il y a des gogos pour cracher au bassinet des tours de tables successifs…

    RépondreRépondre
  2. Majda dit :

    Voilà, ça fait quelques temps déjà que je suis ton blog et là je suis en train de devenir accro ^^
    Je tenais à te féliciter (il était grand temps !), un grand grand bravo et un ENORME merci pour tout !
    J’aime bien ta façon de commenter l’actu techno sans tomber dans la subjectivité totale et sans t’emprisonner dans une objectivité rigide.

    Encore merci 😉

    RépondreRépondre
  3. Louis dit :

    @Michel Besson: Oui mais à priori le problème venait du désaccord entre les ingé et les investisseurs sur le rachat. Les premiers voulaient Google, les autres voulaient Yahoo. Donc le fond du problème n’est pas la proportion en cash/action du deal. C’est plutôt le montant final et le nom de l’entreprise qui rachetait. Ca n’exclut pas que les deals proposés soient différents, cela dit.

    @Majda: C’est très sympa, merci 🙂

    RépondreRépondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *