Après Nvu et Kompozer, voici BlueGriffon !

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Depuis que je fais des pages webs, je n’ai jamais adhéré à Dreamweaver (trop lourd, trop compliqué), et donc je me suis toujours appuyé sur Nvu et Kompozer quand il s’agissait de construire mes pages web ; ils avaient l’avantage d’êtres libres (et donc de « contribuer au logiciel libre » en augmentant leur part de marché), simples, légers, et bien sûr gratuits. J’utilise aujourd’hui Kompozer, car depuis plusieurs mois (années ?), je vois un peu partout que le projet Nvu s’est arrêté et qu’il est devenu Kompozer. Les deux logiciels sont extrêmement ressemblant d’ailleurs (je ne ferais pas la différence entre les deux).

Maintenant, il est vrai que le HTML5 et le CSS3 apportent beaucoup de modifications dans l’utilisation potentielle du web, et il peut être intéressant d’avoir un logiciel capable de fournir un code compatible avec ces nouveaux standards.

C’est l’idée qui est derrière la tête de Daniel Glazman, dont la société vise à la construction d’un nouveau Nvu, appelé BlueGriffon, complètement refait, et intégrant les nouveaux standards. Notons également que ce BlueGriffon aura tout un système d’extensions, et que des éditeurs pourront vendre leurs extensions construites pour cet éditeur : si des entreprises fondent leur business model sur la réussite de ce logiciel libre, ça ne peut que contribuer à son essor, ce qui me réjouit !

Comme vous pouvez le voir sur le screenshot ci-dessus, l’interface de BlueGriffon semble être encore une fois très proche de celle de Nvu/Kompozer, ce qui permettra aux habitués de ne pas être déroutés.

Pour plus d’informations, je copie-colle l’interview de Daniel Glazman par Tristan Nitot (la localisation originale étant là).

Tristan : Bonjour Daniel. Est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Daniel : Je suis un développeur tombé dans la babasse dans son enfance, et qui a eu dans sa vie deux chances immenses : travailler sur le Web avant que le Web ne soit connu d’une part, être un jour embauché par le rêve de tout développeur à l’époque, Netscape, pour travailler sur leur éditeur et leur moteur CSS. Quand AOL a fermé Netscape et que mes camarades de débauche Tristan et Peter se sont lancés dans l’aventure Mozilla Europe, j’ai préféré créer ma propre société Disruptive Innovations pour continuer mon travail sur l’éditeur, ce que je pouvais faire grâce à la licence MPL.

Tristan : Qu’est-ce que BlueGriffon ?

Daniel : A travers mon premier client Linspire, j’ai écrit Nvu, le seul éditeur WYSIWYG (x)html cross-platform conforme aux standards et open-source. Aujourd’hui, il est temps de faire apparaître un outil d’édition plus moderne, offrant la puissance des versions récentes de Gecko et les fonctionnalités de CSS 3 et HTML5. Cet éditeur est BlueGriffon. BlueGriffon est donc un éditeur (x)html moderne, basé sur les dernières versions de Gecko à travers Mozilla Xulrunner, le runtime de Firefox.

Tristan : Qu’annonces-tu aujourd’hui ?

Daniel : L’annonce, c’est que nous avons enfin trouvé des investisseurs pour nous libérer du service, et que la roadmap de BlueGriffon ne souffrira plus de notre besoin de trouver des contrats de service pour financer notre R&D. BlueGriffon est désormais la priorité numéro 1, au lieu d’être le produit que l’on développe quand on a le temps et qu’on a eu du service pour payer ce temps.

Tristan : Félicitations ! Comment vois-tu l’avenir de BlueGriffon, d’un point de vue fonctionnel ?

Daniel : Sa version de base reste un produit open-source distribué sous tri-licence MPL/GPL/LGPL et nous allons vendre des extensions (au même sens que les extensions à Firefox) pour l’éditeur de base. Il y aura de tout, des choses très simples mais cependant très utiles à très bas prix, et des extensions orientées bien plus « pro » pour des prix un peu plus élevés mais toujours à des coûts restant très faibles par rapport par exemple au coût d’un produit « on the shelf ». Du côté des fonctionnalités innovantes dans BlueGriffon, je peux d’ores et déjà en lister quelques-unes:

  1. intégration de jQuery
  2. intégration des YUI grids
  3. éditeur de CSS offrant les dernières nouveautés de CSS 3 (transformations, ombres, transitions, animations, …)
  4. full-screen
  5. possibilité d’éditer non seulement les styles en -moz-* mais tous les styles y compris pour webkit, opera ou ms
  6. un wizard de création de documents bien plus intuitif que ce que permettait Nvu
  7. l’intégration de Bespin pour l’édition des sources
  8. un éditeur de scripts, etc.

Tristan : Qu’est-ce qui différentie BlueGriffon d’autres éditeurs ?

Daniel : Un des buts de BlueGriffon est clairement d’offrir à la communauté l’éditeur WYSIWYG qui aujourd’hui manque. Nvu – et Kompozer qui est son bugfix[1] – sont aujourd’hui fondés sur une codebase ancienne, et obsolète. Il faut refondre totalement l’architecture du produit, pour utiliser des modules JSM augmentant drastiquement l’extensibilité du produit. Il faut disposer d’une documentation stable pour les éditeurs d’add-ons et surtout il faut offrir des personnalisations adaptant le produit à l’ensemble des usagers qui ont craqué pour Nvu et qui étaient TRES différents: des écoliers, des universités, des entreprises, etc.

Un des buts de l’amélioration de l’extensibilité est clairement la distribution au moment de la 1.0 de BlueGriffon d’un premier jeu assez étoffé d‘add-ons d’une part, et l’ouverture de notre plate-forme de vente à des tiers d’autre part (que les add-ons soient gratuits ou pas, pas de ticket d’entrée chez nous). Nous voulons attirer un maximum d’auteurs d‘add-ons, car l’écosystème du produit compte autant que le produit de base.

Un des effets de bords pourrait être une pression accrue sur les éditeurs de navigateurs : si un outil d’édition intuitif offre une UI permettant la création de documents utilisant les dernières nouveautés, il va falloir que la standardisation et l’harmonisation accélèrent un peu pour répondre aux demandes des Web Authors. Bref, c’est du gagnant-gagnant.

BlueGriffon est clairement un produit, édité par une entreprise. Mais c’est aussi un produit open-source, qui a un but pour la communauté. On reste fidèles à nos principes Etonnant, non ?

Tristan : Te connaissant, non :-) . Quid de la concurrence avec Kompozer ? Ne crains-tu pas que les deux logiciels se gène mutuellement ?

Daniel : c’est une bonne question. Si KompoZer a un succès mérité aujourd’hui, il reste que c’est Nvu à 99%. Nvu est obsolète. Son éditeur CSS que j’avais écrit encore chez Netscape, Cascades, est obsolète et son interface peut être TRES grandement améliorée. Son extensiblité est faible parce que son architecture n’offre pas de Helpers documentés. Bref, et malgré l’énorme boulot de ses contributeurs, je pense que c’est une voie de garage.

De temps en temps, et on connait bien le problème chez Netscape et Mozilla, il faut reprendre les choses depuis la base et reconstruire du neuf sans oublier l’ancien. C’est ce que se propose de faire BlueGriffon, qui n’oublie pas Nvu et sera clairement son successeur.

Tristan : Quels systèmes d’exploitation vises-tu ?

Et bien, vu que BlueGriffon est basé sur Xulrunner, ce sera évidemment cross-platform ! Windows, Mac OS X et Linux… Non je n’ai pas de version iPad sous le coude, en tous cas, pas encore.

Tristan : Quand verra-t-on la version 1.0 de BlueGriffon ?

Ce sera prêt quand ce sera prêt, mais le but est clairement 2010.

Tristan : On aura des extensions disponibles à ce moment là, si oui, lesquelles ?

Daniel : Oui il y en aura, des payantes et des gratuites. Exemple payant : l’éditeur avancé de CSS (l’éditeur de base sera gratuit) et d’autres trucs tout aussi sexy

Tristan : Et donc le code en sera propriétaire ?

Daniel : Les extensions commerciales, oui. C’est un modèle un peu particulier, mais il faut bien que Disruptive Innovations vive pour offrir BlueGriffon en MPL. Il est important pour nous de conserver absolument l’open-source et la gratuité de l’éditeur de base pas seulement parce que Nvu a fait le chemin, mais surtout parce que c’est notre philosophie de la chose.

Tristan : Merci Daniel, et longue vie à BlueGriffon !

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Un commentaire sur ce billet

  1. underq dit :

    J’aime bien cette éditeur WYSIWYG il simplifie le développement.

    Voici un lien de présentation en français pour les non anglophones.

    RépondreRépondre

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