L’inexorable déclin de Yahoo!

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L’efficacité économique est une école de pensée pour laquelle une entreprise marche gentiment. Cette façon de pensée va bien pour un chantier de construction ou un petit commerce de proximité, mais pas pour une entreprise comme Yahoo!. En effet une société exerçant dans le domaine de l’Internet ne peut se satisfaire de ce type de croissance, car Internet c’est un peu comme le Far-West : il faut être « proactif » et être capable de réagir rapidement. Si Google et Facebook l’on bien comprit et ne cessent d’innover, la stratégie de Yahoo! semble bien plus mollassonne.

Il y a quelques jours Jordan Rohan du cabinet Thomas Weisel a rendu les conclusions d’un rapport sur Yahoo!. Ce qui est assez surprenant c’est qu’il commence en disant que le système de management choisi par Yahoo! est le plus efficace, sauf qu’il ne dit que du mal de cette entreprise ou presque, en soulignant l’absence d’excitation lors des lancements de nouveaux produits et idées.

Pour lui le système de management adopté par Yahoo! est le bon au vu du contexte dans lequel l’entreprise se trouve. Elle est en effet aujourd’hui sur-dimensionnée par rapport à son poids sur le marché. Il y a trop d’employés et d’entités pour qu’il y ait une réelle dynamique de création et production. Yahoo! souffre aujourd’hui des multiples acquisitions faites par le passé et dont l’intégration n’a pas été suffisamment pensée.


Il est de plus assez inquiétant de constater la part prise par Facebook par rapport à Yahoo! Si l’on se contente simplement de mesurer le temps passé sur les deux services au États-Unis, on voit que le temps passé sur Facebook est de loin beaucoup plus important que celui passé sur Yahoo! Et pour ajouter à ce constat, les chiffres mondiaux sont pires. Facebook voit quotidiennement défiler 160 millions de personnes et a 227 milliards de pages vues par mois (selon Comscore), alors que Yahoo! a peut-être 160 millions de visiteurs, mais seulement 94 milliards de pages vues.

Bien sûr Yahoo! a encore des tonnes de visiteurs quotidiens, mais ils passent moins de temps sur les sites Yahoo! qu’il y a un an (-12%). Dans la même période, le nombre de pages vues sur Facebook a augmenté de 217%.

Yahoo! va donc continuer à rétrécir au fur et à mesure que ses services et sites sont vendus, c’est la politique mise en œuvre par le CEO Carol Bartzclass, pour redonner de l’efficacité économique à l’entreprise. Malheureusement le mal semble être plus profond, car Yahoo! n’est plus depuis un certain temps déjà cette entreprise pétillante et excitante qui croulait sous le flot d’une créativité débordante. Ses fondements sont aujourd’hui pourris, et pour couronner le tout il semble n’y avoir aucun plan permettant à Yahoo! de revenir dans le jeu, ou alors il est drôlement bien caché.

C’est avec un peu de nostalgie que j’en termine, en rappelant qu’il est bien triste d’assister à ce déclin quand, pour beaucoup d’entre nous Yahoo! fut le premier que nous avons découvert lors de nos premières navigations internet.

Ce billet est une traduction personnelle d’un billet de TechCrunch.

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